Utopia dans le journal argentin Pagina 12
Par admin - le mardi, juillet 29 2008, 09:32 - Revue de presse - Lien permanent
Desde París,
Hace dos o tres meses, un amigo uruguayo me alcanzó un manifiesto escrito en francés, llamativa y conmovedoramente titulado Utopía, que un grupo de socialistas y ecologistas “transversales” franceses acababa de dar a luz. Como en este momento, en el PS de este país se arrancan las mechas preparando congresos asesinos, le pregunté qué pensaba de la posible ascensión de tal personajito socialista frente a tal otro y ligado con el de más allá, que era, hasta hace poco, su enemigo jurado. “Ah, no –me contestó–, nosotros no presentamos candidatos, sino ideas.” Recordé sus palabras al contemplar, de lejos, el sainete argentino, quizá más emotivo que el francés, pero al que éste no tiene gran cosa que envidiar si bien se mira. (...)
En la tapa de manifiesto de Utopía puede leerse: “¿Pero entonces –dijo Alicia (la de las maravillas, obvio)–, si el mundo no tiene ningún sentido, quién nos impide inventar uno?”. El texto, colectivo, está puesto bajo la advocación de André Gorz, el pensador y colaborador de Sartre que se suicidó el año pasado, a los ochenta y pico de años, junto a su esposa Dorine, porque ninguno de los dos quería sobrevivir al otro. Su testamento político, que va de prólogo, se intitula con gran sencillez: “La salida del capitalismo ya ha comenzado”.
Buena noticia pero ¿por qué? Porque “la economía real se ha convertido en un apéndice de las burbujas financieras”. Frente a lo que él y varios otros definen como un “abismo” al borde del que caminamos (otra imagen, frecuentemente utilizada, es la de que el sistema “se estrella contra la pared”), “no hay ninguna ‘mejoría’ que esperar –escribe Gorz justo antes de su muerte–, si se la juzga según los criterios habituales: no habrá más `desarrollo’ en forma de más empleos, más salarios, más seguridad; no habrá más ‘crecimiento’ cuyos frutos puedan ser socialmente redistribuidos y utilizados por un programa de transformaciones sociales, desde adentro del sistema, que trasciendan los límites y la lógica del capitalismo.
Las promesas y programas de regreso al empleo a tiempo completo son espejismos que tienen como única función mantener el imaginario salarial y mercantil, vale decir, la idea de que el trabajo debe necesariamente ser vendido a un empleador y los bienes de subsistencia comprados con la plata ganada”. Hoy el imperativo de supervivencia lleva un nombre: decrecimiento. De acuerdo con lo cual, los “utopianos” adeptos al alterdesarrollo manifiestan: “Las tres primeras alienaciones de nuestras sociedades desarrolladas son el dogma del crecimiento, el del consumo y el de la centralidad del valor-trabajo”.
El manifiesto, que se publicará, espero, en castellano, es un vivero de ideas frescas. De entre todas ellas he entresacado dos que me inspiran particular cariño: la autoproducción (prácticas alternativas en ruptura con el capitalismo, que para Gorz vienen especialmente del “Sur del planeta”, sobre todo de las favelas brasileñas) y el subsidio universal. No entro en detalles (ellos sí lo hacen, y cómo), pero destaco el hecho de que la instauración de este subsidio como un derecho para todos, desde el nacimiento hasta la muerte, implica nada menos que cuestionar los principios mismos del capitalismo y choca, por supuesto, con un “bloqueo cultural e intelectual”. Y no precisamente de la derecha, nueva o vieja, o no sólo de ella: uno de los paladines del decrecimiento, Serge Latouche, propone “descolonizar a la izquierda del imaginario progresista”. Ardua tarea. (...)
Por Alicia Dujovne Ortiz, Periodista y escritora.
(traduction rapide)
Il y a deux ou trois mois, un ami uruguayen m'a donné un manifeste écrit en français, étonnamment intitulé Utopia, qu'un groupe de socialistes et écologistes « transversaux » français venait de publier. Comme à l'heure actuelle au PS de ce pays on s'épie en préparant un congrès assassin, je lui ai demandé s'il pensait possible la montée de ce petit personnage (personajito) socialiste par rapport aux autres et des alliances potentielles de celui-ci avec ceux qui étaient, il y a peu, son ennemi juré. « Ah, non - me répondit-il, nous ne présentons pas de candidats mas des idées. » Je me souviens de ses mots en considérant, de loin, la scénette argentine, peut-être plus émotive que la française, mais à laquelle elle n'a pas une grande chose à envier si on regarde bien.
(comparaison succincte des systèmes politiques argentins vs. français)
Sur la couverture du manifeste d'Utopia on peut lire : « Mais alors, dit Alice (celle des merveilles, évidemment), si le monde n'a aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ? ». Le texte, collectif, est écrit sous l'égide d'André Gorz, penseur et collaborateur de Sartre qui s'est suicidé l'année passée, à quatre-vingt et quelques années, avec sa conjointe Dorine, parce qu'aucun des deux ne voulait survivre à l'autre. Son testament politique, qui sert de prologue, est intitulé avec une grande simplicité : « La sortie du capitalisme a déjà commencé ». Bonne nouvelle mais pourquoi ? Parce que « l'économie réelle s'est transformée en un appendice des bulles financières ». Face à ce que lui et plusieurs d'autres définissent comme un « abîme » au bord du quel nous marchons (une autre image, fréquemment utilisée, est celle du système « qui se jette contre la paroi »), « il n'y a aucune amélioration à attendre - écrit Gorz juste avant son décès, si elle est jugée selon les critères habituels : il n'y aura plus de développement sous la forme de nouveaux emplois, de nouveaux salaires, de nouvelles sécurités, il n'y aura pas de nouvelle croissance dont les fruits pourraient être redistribués socialement et utilisés pour un programme de transformations sociales depuis l'intérieur du système, qui transcende les limites et la logique du capitalisme.
Les promesses et les programmes de retour à l'emploi à temps plein sont des mirages qui ont comme seule fonction maintenir l'imaginaire salarial et marchand, c'est à dire l'idée que le travail doit d'être nécessairement vendu à un employeur et les biens de subsistance achetés avec l'argent gagné ». Aujourd'hui l'impératif de survie porte un nom : décroissance. En accord avec ceci, les « utopiens » adeptes de l'alterdéveloppement disent : « Les trois premières aliénations de nos sociétés développées sont le dogme de la croissance, de la consommation et le caractère central de la valeur-travail ».
Le manifeste, qui sera publié, nous l'attendons, en castillan, est une mine d'idées fraîches. Parmi elles j'en ai choisi deux qui m'inspirent une sympathie particulière : l'autoproduction (des pratiques alternatives en rupture avec le capitalisme, qui, précise Gorz viennent particulièrement du « Sud de la planète », surtout des favelas brésiliennes) et le revenu universel. Je n'entre pas dans les détail (eux le font, et comment), mais je souligne le fait que l'instauration de cette subvention comme un droit pour tous, depuis la naissance jusqu'au décès, implique rien moins que d'interroger les principes eux-mêmes du capitalisme et se heurte, évidemment, à un « blocus culturel et intellectuel ». Bien sûr de la part de la droite, nouvelle ou vieille, mais pas seulement : un des parrains de la décroissance, Serge Latouche, propose « de décoloniser à gauche l'imagination progressiste. » Tâche ardue. (retour à la scène politique argentine)
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