Pourquoi restez-vous au PS alors que ce parti a renoncé depuis longtemps à changer en profondeur la société. ? Puisque ce parti se contente aujourd’hui de proposer des mesures à la marge, des mesures qui rafistolent, sans remettre en cause le système qui crée les injustices ? Puisque ce parti apparaît totalement utopiste et inconséquent en prônant dangereusement d’un côté une croissance forte et de l’autre une ambition dite « écologiste ». Puisque ce parti entretient un rapport malsain au pouvoir en acceptant lâchement que certains cumulent des fonctions exécutives et une fonction de parlementaire alors qu’ils défendent l’inverse dans leurs textes ? Puisque ce parti ne devient qu’une machine à sélectionner des Présidentiables qui en sont arrivés au point de mettre en scène des débats soit disant « de fond » pour légitimer leur compétition ? Puisque ce parti en un mot a renoncé à son idéal… ?

Alors bonne question : Pourquoi rester au Parti Socialiste ?

Et bien pour résister mes camarades, pour résister. Pour, avec d’autres, organiser une résistance face à tous ceux qui ont trahi leur devoir de n’avoir qu’une et une seule ambition : celle de changer le monde.

Parce que nous croyons toujours, et même plus que jamais, que le Socialisme est une grande idée, pourvu qu'on ne la vide pas de son sens,

Parce que nous sommes convaincus que l'immense majorité des adhérents anonymes de notre parti partagent notre soif de proposer un autre avenir à l'humanité,

Nous n’en pouvons plus de subir et d’aller de renoncements en renoncements. Rien ne serait pire que de se résigner, nous devons résister.

Cette résistance, elle doit s’organiser autour d’un ennemi commun : le système capitaliste.

Pour faire bonne figure, certains dénoncent le capitalisme financier, libéral, néo-libéral…et appellent un retour à un capitalisme à visage humain, régulé, plus entrepreneurial…j’ai même entendu « social ».

C’est bien là le piège du capitalisme : se faire passer pour un outil technique de régulation des échanges qui n’agirait que dans la sphère économique, et dont il suffirait d’ajuster un peu le curseur pour le rendre plus humain… Il suffirait de raccourcir les rênes pour dompter l’animal.

Mais non seulement l’animal est indomptable mais c’est lui qui tient les rênes.

Le capitalisme est un système global, un système politique, un système social, un système économique qui régit la quasi-totalité des différentes sphères de la vie des individus.

La 1ère bataille à mener est donc une bataille culturelle : Cette bataille doit nous amener à mettre en lumière une différenciation fondamentale entre, d’un côté le capitalisme comme système global qui gouverne l’ensemble de la société, et de l’autre la sphère marchande qui sert à réguler une partie de la production. L’un n’implique pas forcément l’autre.

Le capitalisme comme système est selon nous incompatible avec le socialisme pour 2 raisons essentielles :

Première raison : le capitalisme n’a qu’un objectif, la rentabilité du capital investi L’ensemble des facteurs de production (humains, matériels) ne sont organisés qu’en fonction de cet objectif unique. La quasi-totalité des politiques de développement durable ou pratiques dites éthiques relèvent au mieux de la bonne conscience, au pire d’une stratégie marketing de différenciation.

Deuxième raison : le capitalisme est englobant et englobant par nature pour l’individu et pour la société. En transformant les besoins en désirs, en érigeant la valeur travail et le mérite comme des valeurs essentielles, en posant l’échelle économique et sociale comme la hiérarchie naturelle des rapports humains, il emprisonne l’homme, il emprisonne son rapport au monde, il emprisonne son imaginaire.

Le système capitaliste qui se fait passer comme une technique est en réalité un système dangereux et totalitaire. Ce totalitarisme se traduit par 3 aliénations fondamentales :

  • L’aliénation à la religion de la croissance (ce qui, au passage, ne signifie pas un positionnement en faveur de la décroissance )
  • L’aliénation à la société de consommation qui veut nous faire croire qu’il faut consommer pour se sentir exister
  • L’aliénation à la centralité de la valeur travail qui nous empêche d’imaginer un nouveau rapport aux droits

Mais il ne suffit pas de dénoncer, de déconstruire, il faut aussi proposer. Il faut imaginer un nouvel idéal, un nouveau système, de nouveaux modes de régulation, de nouveaux indicateurs de richesses.

Cette nouvelle perspective, ce nouveau souffle, nous avons essayé d’en brosser les principales esquisses… à travers notre contribution Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes.

Nous irons plus loin encore dans la motion prochaine et nous appelons dès maintenant tous ceux qui veulent résister et construire à nous rejoindre.

Cette résistance, cette reconstruction, à laquelle nous appelons au sein du PS, eh bien nous allons la porter partout où nous sommes présents. Au sein du Parti des Verts en posant une motion lors de leur prochain congrès, au Forum Social Européen ou en Amérique Latine où nous sommes de plus en plus actif, à travers notre cycle mensuel de conférences, à travers notre partenariat avec les cinémas UTOPIA, à travers une collection que nous lançons avec l’Editeur l’Esprit Frappeur.

Bref, partout où nous pouvons, partout où nous sommes, partout où il nous restera du souffle, nous porterons avec d’autres, notre projet politique.

Je vous remercie.