France-Soir : La monté en puissance de Besancenot vous a-t-elle fait hésiter à quitter le PS pour le NPA ?

Sylvain Raifaud : Non. Mais on espère que cela va donner un signal fort au PS, notamment sur la nécessité de revoir son rapport au capitalisme. Pour nous, seul le PS a la capacité d'exercer des responsabilité.

France-Soir : Pourtant, il semble se diriger, comme les autres partis socialistes européens, vers le social-libéralisme ?

Sylvain Raifaud : Ce serait la mort du PS. Pour nous, il faut au contraire réflechir différemment sur la place du travail. Le PS a porté les 35 heures. Nous sommes pour une réduction du temps de travail permettant de développer des activités culturelles, sociales et solidaires. Utopia déféend également la remise en cause de la croissance et lutte pou run accès universel aux soins, abec un système puisant ses ressources sur le capital.

France-Soir : Vous allez d'ailleurs déposer une contribution en vue du congrès de novembre. Vous espérez être entendus par les ténors ?

Sylvain Raifaud : Au Congrès de 2005, nous avons fait mieux que la motion de Jean-Marie Bockel. Mais ce ne sont pas les ténors qui votent. Ce sont les militants qu'il faut convaincre. Pour cela, nous avons étoffé notre discours avec la rédaction du Manifeste Utopia. Le but, c'est que nos propositions soient reprises dans les documents de synthèse et dans les programmes.

France-Soir : Vous êtes également très proches des mouvements associatifs ?

Sylvain Raifaud : Utopia organise des cycles de conférence. Or les membres des associations dans lesquelles nous sommes présents comme Attac ou Greepeace sont déçus de voir que leurs réflexions ne sont pas reprises dans les programmes des partis de gouvernement. Nous cherchons donc à recréer ce lien et à intégrer leurs idées dans le cadre de ce que nous allons présenter au PS.