Utopia dans Dernières Nouvelles d'Alsace
Par admin - le samedi, juin 7 2008, 12:16 - Revue de presse - Lien permanent
Dernières Nouvelles d'Alsace 7 juin 2008
Colmar - Politique / Le mouvement Utopia
Les alter-pragmatiques du PS
Mouvement politique appelant à l'émergence d'« une gauche d'avant-garde » fondée sur une identité écologiste, altermondialiste et anti-productiviste, Utopia est le plus petit courant du PS. L'hebdomadaire Politis parle d'« Ovni ». C'est un petit groupe d'un millier d'adhérents répartis dans 80 départements et composé de socialistes, de Verts et de non-encartés. Une poignée de socialistes colmariens en est membre, dont Nicole Hering et Jacques Marchal. La première se reconnaît dans un discours illustrant « la noblesse de la politique » et qui « donne un sens en s'inscrivant dans un vision globale de la société ». « Nous ne sommes ni marxistes ni capitalistes », précise encore le second qui regrette que la société actuelle « privilégie le superflu au détriment de la relation humaine ». Fondée par d'anciens rocardiens, Utopia prend forme en 1996 autour des thèses développées par la philosophe et sociologue Dominique Méda sur le travail. Dès lors, le mouvement cherchera à ! « déconstruire » l'idéologie productiviste et ses « aliénations » au dogme de la croissance, à la société de consommation et à la centralité de la valeur travail. C'est pour illustrer « l'urgence du combat face à une crise sociale et écologique sans précédent » qu'Utopia vient de publier un manifeste (*). Co-écrit par l'ensemble des militants, cet « ouvrage alerte » préfigure les motions que le mouvement entend présenter respectivement aux congrès du PS et des Verts. « Nous ne refusons pas le travail mais sa centralité » Jacques Marchal a défendu une précédente motion d'Utopia pour le congrès de Dijon de 2003 où elle a recueilli un peu moins de 1 %, « sans locomotives ». Le mouvement récidive au congrès du Mans de 2005 en faisant mieux que la motion de Jean-Marie Bockel. Utopia défend d'abord un accès universel aux soins, système qui doit puiser ses ressources non plus sur le travail mais sur l'ensemble des revenus : salaires et profits. « ! Cette mesure permettra de baisser le coût du travail », relève Jacques Marchal. Le mouvement est aussi favorable à un revenu minimum d'existence versé à tout un chacun depuis sa naissance, à une politique alliant sobriété, efficacité et énergies renouvelables dans le domaine de l'environnement ; et à une réduction du temps de travail permettant de développer les activités culturelles, sociales et solidaires. Sur ce dernier point, Nicole Hering et Jacques Marchal rejettent la caricature : « Nous ne refusons pas le travail mais sa centralité. Le lien social peut parfaitement se faire en-dehors du travail ». Un discours à contre-courant du « travail plus pour gagner plus ».
Franck Buchy
(*) Manifeste Utopia, éditions Parangon, 8 €, 187 pages. Disponible à la librairie Hartmann de Colmar. www.utopia-terre.org
Commentaires