Fillon nous dit « Il va falloir aller chercher la croissance avec les dents ! ». C’est un peu d’ailleurs ce qui nous est proposé dans la résolution aujourd’hui. Mais la croissance durable n’existe pas, elle n’a pas de sens. Ou plutôt si…elle existe dans l’imaginaire de quelques néo-libéraux voire de certains sociaux-démocrates qui pensent qu’en fermant les yeux ils arriveront moins vite dans le mur.

Mais prendre la mesure de l’enjeu environnemental implique une rupture, un autre modèle. Un modèle qui soumet l’économie, un modèle qui restreint et règlemente la sphère marchande.

C’est pour cette raison que pour parvenir au fameux facteur 4 concernant les émissions de gaz à effet de serre, nous proposons de reprendre un scénario radical, le scénario néga-watt. Ce scénario, élaboré par un groupe d’experts reconnus, prône notamment :

  1. Une sobriété volontaire de la société toute entière mais également de nos comportements individuels
  2. Le renversement des investissements du nucléaire vers les énergies renouvelables impliquant une sortie progressive du nucléaire
  3. La création d’un pôle public de l’énergie
  4. La restauration de l’agriculture paysanne

Selon nous, il faudra aller plus loin encore que ce scénario et relocaliser chaque fois que c’est possible les activités productives.

Enfin, avec cet ensemble de mesures, certains secteurs devront peut être connaître une véritable décroissance pour ceux liés à la dégradation de l’empreinte écologique. D’autres, ceux qui font lien, ceux qui font sens, devront au contraire être en croissance. Vous l’avez compris, pour nous la croissance, comme la décroissance ne doivent plus être La boussole de la Gauche car ces indicateurs servent un système idéologique qui n’est pas le nôtre. Bref, répondre au défi environnemental demande d’abord une décolonisation de l’imaginaire qui remette en cause le système et ses indicateurs de richesse.

Je terminerai en citant André Gorz, sous forme d’hommage, avec qui Utopia a beaucoup travaillé :

« L’industrialisme et la religion de la croissance sont inhérent au capitalisme. On ne peut avoir un capitalisme sans croissance. Si on doit changer nos modes de consommation, il faut changer nos modes de production et donc l’organisation sociale. L’écologie politique est une discipline foncièrement anticapitaliste et subversive ».

Je vous remercie."

Franck Pupunat

A l'issue de ce Conseil National, une résolution a été adoptée presque à l'unanimité par les socialistes. Seul Franck Pupunat, au nom d'Utopia, s'est opposé à ce texte.