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  <title>Utopia-Jeunes.fr</title>
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  <description>Utopia Jeunes est un groupe politique rassemblant des jeunes de gauche (Mouvement des Jeunes Socialistes,  Jeunes Verts, etc.)  autour d'un projet de société fort et mobilisateur.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 07 Jul 2010 20:03:32 +0100</pubDate>
  <copyright>Utopia Jeunes</copyright>
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    <title>Intervention de Franck Pupunat au Congrès de Reims</title>
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    <pubDate>Thu, 20 Nov 2008 22:38:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>admin -</dc:creator>
        <category>Tribunes</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://utopia-jeunes.fr/blog/public/./.Franck-Pupunat_s.jpg&quot; alt=&quot;Franck Pupunat&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Discours de Franck Pupunat - samedi 15 novembre - après midi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est avec un immense plaisir qu’au nom de la motion F, la motion du mouvement Utopia, la motion &lt;em&gt;socialiste, altermondialiste, écologiste&lt;/em&gt;, que je prends la parole devant vous aujourd’hui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je débuterai cette intervention de façon inhabituelle par une citation d’&lt;strong&gt;André Gorz&lt;/strong&gt;, le fameux philosophe avec qui on a travaillé pendant plusieurs années et il a écrit une préface dans notre livre, Le Manifeste Utopia, qu’il a publié quelques semaines avant sa mort en septembre 2007. Il disait&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;La sortie du capitalisme a déjà commencé. La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle, elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système mort-vivant qui se survit en masquant, par des subterfuges, la crise de ses catégories fondamentales&amp;nbsp;: le travail, la valeur et le capital. L’imaginaire marchand et le règne de la marchandise empêchent d’imaginer une quelconque possibilité de sortir du capitalisme et empêchent par conséquent de vouloir en sortir. Aussi longtemps que nous resterons prisonniers de l’imaginaire salarial et marchand, l’anticapitalisme et la référence à une société au-delà du capitalisme resteront abstraitement utopiques et les luttes sociales contre les politiques du capital resteront des luttes défensives qui, dans le meilleur des cas, pourront freiner un temps mais non pas empêcher la détérioration des conditions de vie. La sortie du capitalisme a déjà commencé sans être voulue encore consciemment. »&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Et il termine en disant&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;La question porte seulement sur la forme qu’elle va prendre et la cadence à laquelle elle va s’opérer.»&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Ce passage, pour nous, est un passage fondamental puisqu’il appelle à un dépassement du système. Cette critique nous amène à combattre et à dénoncer frontalement trois aliénations inhérentes au système capitaliste et dans lesquelles sont enfermés la plupart de nos dirigeants socialistes.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La première aliénation, c’est évidemment la religion de la croissance. Ce qui ne veut pas dire se positionner pour une décroissance, cela signifie simplement de dire que le PIB n’est pas la bonne boussole politique. Alors, j’ai bien lu que dans certaines motions, on parle de croissance verte, de croissance douce ou de croissance écologique, mais ne vous y fiez pas, c’est une illusion. Ce qui voudrait dire tout de même qu’une croissance infinie dans un monde fini est possible, ce qui bien évidemment n’est pas le cas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La croissance verte, qu’est-ce que concrètement&amp;nbsp;? C’est le même indicateur qui n’est pas défalqué justement de tout ce qui dégrade l’empreinte écologique, c’est simplement le droit de pouvoir polluer plus longtemps.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors, être écologiste, ce n’est pas simplement, comme certains ont pu le faire, une addition de mesures les une à côté des autres, c’est bien évidemment une remise en cause globale du système et de ses aliénations dont la croissance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deuxième aliénation, après la croissance, c’est la société de consommation à travers cette course effrénée au toujours plus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Troisième aliénation, c’est sur la centralité de la valeur travail. Bien évidemment, sur cette question, nous sommes pour que chacun puisse avoir accès au plein emploi. Bien évidemment, sur cette question, nous sommes également pour de nouveaux droits pour les salariés. En même temps, pourquoi ne pas se poser la question de la valeur travail comme seul mode de reconnaissance&amp;nbsp;? Pourquoi ne pas se poser la question de la valeur travail comme seul passeport d’accès aux droits&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme beaucoup d’entre vous, je travaille dans une entreprise privée, j’ai accès à trois niveaux de mutuelle. Eh bien, figurez-vous que le premier niveau de mutuelle ne rembourse quasiment rien au niveau des soins dentaires, des soins d’optique. Est-ce que c’est normal&amp;nbsp;? Il faut au contraire dire, que l’on soit travailleur, cadre, salarié, non-travailleur, nous devons tous avoir accès aux soins de la même manière et qu’ils soient remboursés de la même façon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors, il ne suffit pas de dénoncer, il ne suffit pas de déconstruire, il faut aussi proposer, je crois que c’est là toute la démarche d’Utopia, c’est d’essayer d’imaginer une société idéale, c’est d’imaginer du sens, une société du souffle et ce projet de société, nous avons essayé de l’esquisser dans notre motion. Notre idéal de société, c’est d’abord une société fraternelle. Notre idéal de société, c’est d’abord une société du lien plus qu’une société du bien. Notre idéal de société, c’est une société où l’environnement est préservé, bref une société où il fait bon vivre ensemble. Et, au service de cet idéal, il faut de nouveaux indicateurs de richesse. Au service de cet idéal, il faut amener un nouveau système que nous appelons alter développement, qui fixe bien évidemment des limites à la sphère privée, qui ouvre des perspectives à la sphère publique et qui propose de nouvelles formes de propriété de l’entreprise plus transparentes, plus relocalisées et plus démocratiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vous l’avez compris, nous ne voulons pas améliorer ce monde, nous voulons un autre monde. Alors, nous sommes profondément altermondialistes et, sur ce deuxième point de mon intervention, je reviens sur une question qui me semble essentielle, la question des sans papiers. Vous savez, ce soir va se tenir la commission des résolutions. À quoi peut servir un congrès comme celui-ci par rapport à la commission des résolutions et au texte final qui pourrait sortir de ce congrès&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Eh bien moi je souhaite que l’on donne un élan sur cette question des sans papiers et un signal fort à cette commission des résolutions. J’ai remarqué que nous étions tous d’accord sur cette question pour dénoncer ce que faisait Nicolas Sarkozy. Je vais vous dire plus&amp;nbsp;: on a honte de la manière dont Nicolas Sarkozy criminalise les sans papiers, de la manière dont il organise un certain nombre de rafles au quotidien, de la manière dont les centres de rétention aujourd’hui fonctionnent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Néanmoins, dans les textes, mes camarades, nous n’avions pas tous la même position. En général, c’était une régularisation sur critères. En général, d’ailleurs, sur critères pour les seuls travailleurs. Mais cette position-là n’est pas tenable, cela voudrait dire qu’on régularise les personnes qui ont dit qu’elles étaient en situation régulière pour travailler alors qu’elles ne l’étaient pas, qu’on ne régularise pas tous les autres travailleurs et qu’on ne régularise pas tous les autres&amp;nbsp;? Il faut affirmer fièrement le fait que nous devons régulariser l’ensemble des sans papiers, qu’ils soient travailleurs ou non travailleurs. Et nous avons, sur cette question, bien évidemment une responsabilité sur ces flux migratoires. Responsabilité historique, mais aujourd’hui responsabilité indirecte. On continue d’affamer, de précariser, de subordonner une partie de l’humanité. Nous devons dire&amp;nbsp;: alors, quel est le problème entre nous sur cette question&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On nous dit&amp;nbsp;: dilution de l’identité nationale. Mais c’est l’inverse, c’est la clandestinité qui produit la dilution de l’identité nationale. Bien au contraire la régularisation permet la co-construction d’une identité commune.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On nous dit&amp;nbsp;: flux massifs. Non. En Espagne, en 2005, 590 000 régularisations, est-ce que pour autant il y a eu un appel d’air des sans papiers de France vers l’Espagne&amp;nbsp;? Absolument pas. Et si l’Espagne a réussi à le faire avec 40 millions d’habitants, 590 000 sans papier, la France avec 63 millions d’habitants et 300 000 sans papiers devrait aussi le faire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur cette question-là, et j’ai bien saisi le message, nous devons effectivement prendre une position courageuse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’en termine pour vous annoncer ce que nous faisons dans ce congrès&amp;nbsp;: nous avons décidé de nous joindre à la motion C, la motion portée par Benoît Hamon. Avoir un monde d’avance, c’est aussi revendiquer un positionnement écologiste et altermondialiste.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Trente secondes sur cette question, mais il s’agit d’un rapprochement de fond sur le dépassement du système capitalisme, sur de nouveaux indicateurs de richesse, sur la dimension écologique et notamment le scénario mégawatt et la mise en place d’un grand débat sur les risques du nucléaire, sur l’accès aux droits et notamment l’accès aux soins, et enfin sur la régularisation de l’ensemble des sans papiers. Ce qui, je crois, peut être une mesure unanime.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin, je le dis comme je le pense, je suis plutôt fier de ce rapprochement, j’en suis même carrément fier. Je suis fier que nous portions aujourd’hui ensemble toutes ces idées. Nous partageons évidemment une certaine radicalité mais, plus que cela, nous partageons une énergie, nous partageons un enthousiasme, nous partageons une infatigable envie de changer radicalement ce monde. Et c’est la seule question qui vaille quand on fait de la politique, c’est la seule question qui nous pousse à en faire, quels sont les brins d’humanité que collectivement nous pouvons faire avancer&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est la seule question, encore une fois, que nous devons nous poser. Le reste n’est que mesquinerie et futilité, la motion C-F, comme carrément fraternelle, doit porter haut cet espoir et cette exigence d’humanité, je compte sur vous pour nous y aider. Je vous remercie.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Congrès de Reims du PS : la motion Utopia progresse et ses militant-e-s se posent des questions</title>
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    <pubDate>Sat, 08 Nov 2008 09:25:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>admin -</dc:creator>
        <category>Informations</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Avec plus de 1600 voix, soit 1,3 %, UTOPIA a attiré sur sa motion 600 votes de plus qu’en 2005.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans plus de 15 fédérations, le résultat d’UTOPIA nous permet de jouer un rôle pivot et de déterminer les majorités des différents départements.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Néanmoins, le déroulement et le résultat de ce vote sur les motions soulèvent des questions préoccupantes&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;•	80 % des adhérents PS ont préféré voter pour une ligne politique sociale libérale de résignation, qui accompagne le système.&lt;br /&gt;
•	80 % des adhérents PS semblent essentiellement préoccupés par la recherche d’un(e) leader «&amp;nbsp;charismatique ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le PS reste-t-il le bon outil militant pour défendre un projet «&amp;nbsp;altermondialiste et écologiste&amp;nbsp;» ?
Le PS est-il encore un parti d’avenir, porteur d’espoir&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est avec perplexité et inquiétude que nous attendons le Congrès de Reims, dernière occasion pour le PS de se ressaisir.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Chat avec les militants socialistes</title>
    <link>http://utopia-jeunes.fr/blog/index.php/post/2008/10/28/Chat-avec-les-militants-socialistes</link>
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    <pubDate>Tue, 28 Oct 2008 18:01:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>admin -</dc:creator>
        <category>Informations</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Sylvain Raifaud, Corinne Morel-Darleux et Laure Pascarel ont répondu aux questions des internautes pour la motion F.&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;pecalvel:&lt;br /&gt;
je suis étonné que personne ne soulève le problème de l’économie réelle. En effet je pense qu’avec la suppression presque totale du secteur de production secondaire - vu que celui-ci est passé dans les pays à bas salaires – fatalement, le chômage dans nos pays occidentaux va augmenter . Ne devons-nous pas nous poser la question de savoir si ces Etats ( la Chine en particulier ) ne doivent pas penser à développer leur économie intérieure en premier par l’augmentation du pouvoir d’achat de sa population&amp;nbsp;? Ceci permettrait à nos industries petites et moyennes de revenir sur leur envie de s’expatrier et de revenir dans nos pays. Je pense que le problème est similaire à celui de la crise financière que nous traversons.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
En effet, la crise financière actuelle se traduit déjà dans l’économie réelle. A Utopia, nous considérons que cette crise couve depuis longtemps déjà, et qu’il s’agit plus globalement d’une crise du système capitaliste. C’est pour cela que nous appelons à des réformes structurelles qui permettront un dépassement du système capitaliste, comme, par exemple, le plafonnement de la rémunération des actionnaires ou le contrôle et l’encadrement du crédit à long terme sur des critères de développement durable.&lt;/p&gt;    &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;alexandra_K:&lt;br /&gt;
Pouvez-vous préciser votre position sur l’Europe…&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corinne Morel-Darleux&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Bien sûr Alexandra. Nous sommes pour une Europe fédérale, politique et sociale. Et nous sommes surtout contre l’Europe actuelle, dominée par les lobbies industriels et agricoles, l’Europe de la directive de la honte. Nous voulons une charte des droits fondamentaux, complétée et juridiquement opposable, un contrôle de la BCE par le parlement européen, un véritable droit social européen.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Nous sommes également pour une fiscalité unique européenne, à même niveau de service public. Nous sommes également pour une réforme en profondeur de la PAC et de la politique d’aide à l’exportation agricole qui porte atteinte à la souveraineté alimentaire des pays du sud.&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Leila:&lt;br /&gt;
Pourquoi ce nom d’Utopia, au fait&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Parce que nous considérons que nous sommes les seuls à proposer des solutions raisonnables et ambitieuses dans le cadre de ce congrès&amp;nbsp;! En effet, est-ce raisonnable d’appeler à une croissance infinie du PIB, cet indicateur qui ne veut rien dire&amp;nbsp;? Plus sérieusement, Utopia s’est constitué en 1996 avec ce nom qui symbolise à la fois l’imaginaire et le concret.&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Gheyouche_Lakenji:&lt;br /&gt;
Ne croyez-vous pas que la motion F restera justement un idéal qu’on ne peut pas atteindre?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Nous avons travaillé depuis plusieurs années avec des intellectuels et des responsables associatifs pour élaborer les propositions figurant dans la motion. Elles sont parfaitement réalistes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corinne Morel-Darleux&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Certaines de nos propositions sont d’ailleurs déjà en application&amp;nbsp;: regardez ce qui se fait dans les amap pour une agriculture paysanne et relocalisée, dans les sociétés coopératives, les systèmes d’échanges locaux…&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Desman:&lt;br /&gt;
Vous êtes, à juste titre, pour la relocalisation de l’économie. Doit-elle passer par la création de monnaies locales comme cela se fait déjà dans certaines localités de différents pays&amp;nbsp;? Exemple, Totnes en Angleterre. Comment éviter que ces monnaies ne deviennent un outil supplémentaire de l’économie du profit à tout prix&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corinne Morel-Darleux&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
La monnaie est aujourd’hui un instrument que l’on voudrait nous présenter comme apolitique (la fameuse indépendance de la BCE) alors que les banques centrales servent des logiques néolibérales. S’attaquer à l’institution monétaire est donc un véritable enjeu. Des expériences sont mises en oeuvre également en France (le SOL, par exemple) mais présentent des défauts. Cet enjeu mérite encore des débats éclairés des militants et citoyens. Cela fait partie de nos chantiers, avec ceux qui nous rejoindront.&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Edvige_non_je_deconne:&lt;br /&gt;
Vous n’avez pas un peu l’impression de vous être fait piquer la vedette par le “pôle écolo”?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
La motion B présente avec la nôtre effectivement des convergences sur l’élan écologique. Cependant, ils entretiennent l’ambiguïté sur un certain nombre de questions essentielles&amp;nbsp;: le nucléaire, la relocalisation de l’économie, la croissance, l’Europe… Nous travaillons depuis plus de 5 ans sur un projet global intégrant ces questions. Créé en début d’année, il est normal que le pôle écologique ne puisse porter qu’une motion de témoignage avec l’objectif affiché d’introduire un peu plus d’écologie au PS.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corinne Morel-Darleux&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Les adhérents verts ont reconnu dans notre projet les fondements d’un projet écologique, en acceptant de signer pour le dépôt d’une motion Utopia chez les Verts.&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;leila:&lt;br /&gt;
Comment avez-vous trouvé les tableaux de comparaison entre les motions dans l’hebdo… Ils n’ont même pas eu le respect de vous intégrer d’ailleurs! Pour moi, c’est révoltant, on se croirait chez Leclerc! Comment comptez-vous ramener un peu la notion de respect dans ce parti?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laure Pascarel&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
En effet, deux motions ont produit des tableaux comparatifs dans l’ hebdo. Ces tableaux sont un peu réducteurs et ne font pas forcément appel à l’intelligence des militant-e-s à notre sens. Par ailleurs, comme tu le soulignes, le fait de restreindre ces comparaisons à respectivement 2 et 4 motions est un vrai déni de démocratie interne. le temps du congrès est justement celui de l’expression de toutes les sensibilités du PS… c’est un manque de respect vis-à-vis des militant-e-s qui ont planché sur la rédaction de notre motion, rédigée collectivement, et vis-à-vis de ses 500 signataires&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Gheyouche_Lakenji:&lt;br /&gt;
Comment pensez-vous remettre le travail à sa juste place quand la société actuelle ne pense qu’à la productivité et aux gains avec toujours cette arrière-pensée que si vous n’avez pas de travail vous n’êtes rien?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Tout d’abord en réduisant la durée du travail. En effet, pour que chaque sphère de la vie puisse être reconnue (sphère productive, associative, syndicale, amicale…), il est essentiel de pouvoir organiser le temps de travail sur le modèle de la semaine de 4 jours, et de pouvoir le moduler sur toute la vie. La reconnaissance également des activités associatives comme réelles activités, prises en compte dans le calcul des droits à la retraite par exemple, même si elles ne sont pas rémunérées. Enfin, nous proposons une couverture sociale déconnectée du revenu, en proposant une couverture universelle de santé, et la suppression des assurances complémentaires.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Eloi:&lt;br /&gt;
Vous gouverneriez avec le Modem, vous???&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Pourquoi regarder à droite alors qu’il y a tant de choses intéressantes à gauche&amp;nbsp;? Le parti socialiste n’est pas assez attentif à ce qui se passe dans les mouvements altermondialistes, les forums sociaux. A Malmo au forum social en septembre nous n’avons pas vu beaucoup de socialistes, alors qu’il sort de ces rassemblement une grande richesse de propositions… Si notre ambition est de changer la société, nous allons avoir besoin de tout le monde&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Gynseng:&lt;br /&gt;
Pourriez-vous me résumer votre vision de la fiscalité&amp;nbsp;? On impose qui, et comment?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laure Pascarel&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
L’élargissement des droits fondamentaux, le développement de biens communs, et celui des services publics sont au coeur de notre projet. Cela suppose de réhabiliter l’impôt mais un impôt plus équitablement réparti. Il est inacceptable que le seul impôt progressif (impôt sur le revenu) ne représente que 7 % des prélèvements obligatoires&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Rapha:&lt;br /&gt;
Après l’Education nationale, quel serait votre premier poste de budget de l’Etat? Et le dernier?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corinne Morel-Darleux&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Nos priorités portent sur l’accès à l’ensemble des droits fondamentaux. Nous considérons notamment que l’accès à la protection sociale ne doit plus être financée par les cotisations sociales, et donc pas par le travail, mais par l’impôt.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
La protection sociale occupera donc une place essentielle dans le budget de l’Etat. Cela ne signifie pas pour autant que les derniers postes budgétaires seront fondamentalement moins importants à nos yeux. Par exemple, nos propositions sur l’accès à certains droits fondamentaux comme l’énergie ou l’eau, supposent que les tranches d’énergie ou d’eau offertes à tous seront essentiellement financées par l’accroissement de la facture des gros consommateurs. Cette mesure essentielle pèsera relativement peu dans le budget de l’Etat.&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;martin:&lt;br /&gt;
Considérez-vous que le PS joue aujourd’hui son rôle d’opposition&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corinne Morel-Darleux&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Nous pensons que le parti n’est pas suffisamment audible aujourd’hui. Et pour redevenir audible, il doit avoir des positions claires. Et pour avoir des positions claires… organiser le débat en interne, et faire preuve de courage politique sur un certain nombre de sujets.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laure Pascarel&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Le PS doit faire des propositions nouvelles, être plus ambitieux et aussi renouer avec une présence sur le terrain, aux côtés des sans papiers, des mouvements sociaux, des plus démunis. C’est ça, être socialiste&amp;nbsp;! Et c’est uniquement à ce compte-là qu’on pourra être une vraie force d’opposition. Pas juste en s’abstenant sur le plan de sauvetage financier…&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;minnie:&lt;br /&gt;
Vous pensez vraiment qu’on peut régulariser tous les sans papiers sans aucune condition ?!!!&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laure Pascarel&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Il est de la responsabilité d’un Etat de sortir de la clandestinité des personnes qui sont souvent réduites à un état d’esclaves modernes. Pour que ces personnes cessent d’être criminalisées et puissent vivre dignement. On est en effet les seuls à proposer une régularisation de tous les sans papiers, travailleurs ou non. La liberté de circulation et d’établissement est inscrite dans la déclaration universelle des droits de l’homme. Elle ne peut être conditionnée au fait de brandir un contrat de travail ou une feuille d’impôt.&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Gheyouche_Lakenji:&lt;br /&gt;
L’agriculture mondiale a la capacité de nourrir plus de 12 milliards de personnes mais vous oubliez qu’avec les nouvelles énergies propres issues justement de cette agriculture, utilisent une partie de cette capacité ce qui entraîne une hausse des prix du riz, du maïs, du tournesol et j’en passe au détriment du facteur humain. Malheureusement des enfants meurent de faim. Quelle est la solution. ECOLOGIE OUI mais à quel prix?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Les agro-carburants sont tout sauf écologiques!! Ils se fondent sur la croyance que le carbone absorbé par la plante compense sa combustion. Les agro-carburants sont présentés comme écologiques alors que leur production émet énormément de carbone. Ils mettent une pression considérable sur l’agriculture nourricière. Ils doivent donc être bannis.&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Glosoli:&lt;br /&gt;
Au-delà des émissions de carbone, les agro-carburants posent un problème moral énorme: le nord, qui a pollué la planète, y remédierait encore une fois au détriment du sud alors que nous sommes en pleine crise alimentaire. Comment pouvons-nous continuer dans cette optiqu- là à produire des agros-carburants&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Tu as parfaitement raison. Au-delà de la question des agro-carburants, il faut impérativement assurer la souveraineté alimentaire de chaque pays ou région, ce que propose, parmi d’autres, Via campesina. Nous défendons la fin des subventions à l’exportation, la priorité aux exploitations paysannes, la protection des semences et l’interdiction de la brevetabilité du vivant…&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Mahaut:&lt;br /&gt;
Vous aimez donc vraiment le bordel pour être et chez les socs, et chez les verts!!!&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laure Pascarel&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Dans ta question, tu sous-entends qu’il y a plutôt plus de bordel au PS que chez les Verts ou l’inverse? :)&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Pierre_bis:&lt;br /&gt;
Bonsoir, pourquoi le PS ne parle-t-il pas d’assistanat au lieu de sauvetage des banquiers??&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laure Pascarel&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
La direction du PS est mal à l’aise sur ces questions… pas nous. Pourquoi les éléphants sont-ils mal à l’aise? Parce que leur projet (défendu dans des motions déposées “avant” la crise) ne sont pas à la hauteur. Une fois les banquiers sauvés (si on y arrive), qu’est-ce qui empêchera que cela recommence? Si on ne change rien au système….&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corinne Morel-Darleux&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Les discours des éléphants évoluent ces dernières semaines. Opportunisme? Nous, en revanche, nous avons pensé un projet de société, de dépassement du capitalisme, qui passe par un développement de l’économie sociale et solidaire (grâce notamment à des mécanismes de socialisation des investissements), une limitation des écarts de salaire, le SLAM….&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;elladan:&lt;br /&gt;
En cette période troublée pour la croissance, pourriez vous s’il vous plaît préciser vos positions par rapport à la décroissance&amp;nbsp;? Merci.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Pour nous la question n’est pas “croissance ou décroissance ?”, mais “croissance de quoi et décroissance de quoi ?” Nous proposons d’utiliser de nouveaux indicateurs de richesse à la place du PIB, comme l’indicateur de développement humain par exemple.&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;elladan:&lt;br /&gt;
En fait, s’il est admis que la poursuite infinie de la croissance est incompatible avec une planète finie, ne pensez-vous pas qu’il est suicidaire de ne pas changer de direction en ce qui concerne le productivisme, le toujours plus&amp;nbsp;? Donc, pour résumer, ne serait-il pas temps d’imaginer une autre société fondée sur un système reposant sur une autre logique que celle de la croissance&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
C’est précisément notre point de vue&amp;nbsp;: nous rêvons d’une société libérée des dogmes de la croissance et de la société de consommation, ce qui passe nécessairement par un abandon du productivisme.&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Lea43:&lt;br /&gt;
Pourquoi voter pour vous, alors qu’on sait bien qu’au mieux du mieux, vous ne serez même pas représentés au bureau national du parti?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laure Pascarel&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Il n’est pas dit que nous ne serons pas au représentés au Bureau National&amp;nbsp;! Attendons de voir le résultat des votes des militant-e-s. Nous avons triplé le nombre de signataires depuis le dernier congrès.&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Meryami:&lt;br /&gt;
Est-ce que ce n’est pas un peu irresponsable de dire que vous voulez sortir du nucléaire alors qu’on est en plein réchauffement climatique ?!!!&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Cela n’a rien à voir. Si l’ensemble de l’énergie électrique utilisée dans le monde était produite avec le nucléaire, cela ne concernerait que 16% des besoins globaux en énergie. Sans compter les risques liés aux accidents, aux déchets, à la prolifération. Nous reprenons à notre compte les propositions du scénario “Negawatt” qui avec de la sobriété et de l’efficacité énergétique et des renouvelables permet de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre en abandonnant le nucléaire à l’horizon 2030.&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Desman:&lt;br /&gt;
Que pensez-vous de l’économie distributive&amp;nbsp;? Est-ce une “utopie réalisable” à vos yeux&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Ce n’est pas du tout irréaliste. La redistribution passe par la redéfinition des 3 grandes sphères de l’économie: le domaine public, l’économie sociale et solidaire et la sphère marchande.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laure Pascarel&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Concernant le domaine public, il convient (et ce sera une vraie révolution) de réintégrer des secteurs médicaux et paramédicaux, dans un Pôle public de la Santé, afin de garantir un égal accès aux soins de tous les citoyens et résidents sur tout le territoire. Nous devons refuser les dépassements d’honoraires qu’autorise la médecine libérale, le développement des assurances privées… pour repenser notre système de santé.&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;glosoli:&lt;br /&gt;
Le nom d’Utopia ne montre-t-il pas à lui seul l’irréalisme d’un idéal qui est pourtant magnifique et que je partage?&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Corinne Morel-Darleux&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Il y a toujours eu des minorités pour faire avancer le monde, et on trouvait aussi “utopistes” à une époque les congés payés, le droit de vote des femmes, le droit à l’avortement, l’abolition de la peine de mort… Notre mission en tant que politiques, c’est bien d’avoir l’ambition de changer le monde et de se donner les moyens de le faire! Soyons ambitieux, soyons radicaux, votons pour un monde de fraternité, avec un grand “F” !!!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laure Pascarel&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
Merci à tou-te-s les participant-e-s&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sylvain Raifaud&lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;
… et rendez-vous le 6 novembre&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Soyons réalistes, demandons l'Utopia !</title>
    <link>http://utopia-jeunes.fr/blog/index.php/post/2008/10/22/Soyons-realistes-demandons-lUtopia</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:47a7fd66f26c9db0364bcb46d942b9f0</guid>
    <pubDate>Wed, 22 Oct 2008 18:23:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>admin -</dc:creator>
        <category>Revue de presse</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Résumé&amp;nbsp;: Rares sont encore les programmes politiques qui vous interrogent et vous font espérer. Le Manifeste serait-il la dernière chance pour une gauche à l’agonie&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Chronique du Manifeste Utopia par Mathieu FONVIEILLE sur &lt;a href=&quot;http://www.nonfiction.fr/article-1679-soyons_realistes_exigeons_lutopia_.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;nonfiction.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout vient à point à qui sait attendre, aurait pu répondre Alice au Lapin Blanc hyperactif si elle n’avait pas été aussi angoissée de se retrouver dans cet univers précurseur de la Beat generation qu’est le &quot;pays des merveilles&quot;. C’est aussi l’adage qui sied le mieux au Manifeste Utopia. Évoquer la blonde rêveuse sortie de l’imagination de Dodgson pour présenter un ouvrage aussi sérieux que cet ouvrage politique n’est pas incongru, bien au contraire, et ce pour trois raisons.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Tout d’abord la couverture du Manifeste reprend une phrase de cette œuvre littéraire enfantine&amp;nbsp;; secondo, comment ne pas voir dans les propositions de ce courant politique si singulier qu’est Utopia une ode à l’imaginaire, à une temporalité humaine, en bref, un pied de nez à cette société en fuite permanente guidée par une pensée unique quasi-totalitaire (dont le lapin blanc constituerait la parfaite incarnation du salarié victime de burn out, ne vivant qu’aux crochets des pulsations de cet appendice qu’est son horloge, véritable cœur de substitution)&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais surtout, un ouvrage de la trempe du Manifeste fournit une bouffée d’air cérébral inespéré en cette année 2008, année qui aura connu un nombre exceptionnel de crises polymorphes et étouffantes&amp;nbsp;: crise financière récente annonçant peut-être la fin du capitalisme sous sa forme actuelle&amp;nbsp;; crise sociale qui en découle avec son cortège de misère et de violences&amp;nbsp;; crise écologique dont les premières manifestations nous font réagir autant que des pandas face à un bosquet de bambous&amp;nbsp;; et surtout crise politique avec notamment la déliquescence de la gauche qui était aussi prévisible que la baisse tendancielle du taux de profits pour certains.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avant d’aborder le contenu même de l’ouvrage et les propositions nombreuses avancées par les auteurs, il convient de présenter ce mouvement si singulier, ce qui permettra au lecteur de saisir l’originalité de sa démarche.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Utopia n’est pas à proprement parler un parti politique, il s’agit d’abord d’un mouvement politique transpartis très récent qui cherche à diffuser ses idées et ses propositions dans la gauche (PS, Vert avec des affinités certaines avec la future-ex LCR), mais aussi dans des associations (Attac, les Alternatifs…). À ce titre, et comme pour chaque congrès, Utopia présentera une motion au très médiatisé congrès de Reims, avec pour espoir de passer la barre des 1% habituels. Ainsi, on peut appréhender cet ouvrage de deux façons complémentaires voire indissociables&amp;nbsp;: une volonté de faire découvrir à un plus large public le mouvement et ses idées et une contribution socialiste et verte faite livre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’originalité de la démarche du Manifeste tient au fait qu’il s’agit d’un livre collectif, refusant toute &quot;peopolisation&quot;, mais surtout que sa réalisation est issue d’un long travail démocratique où chaque adhérent a pu donner son avis sur l’ensemble des réflexions sises dans l’ouvrage.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Utopia présenté, dans quelle mesure son Manifeste constitue-t-il un ouvrage indispensable pour 1) transformer la gauche et 2) parvenir à modifier la société dans ses plus profondes fondations&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les trois idoles de l’homo oeconomicus à déboulonner.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les réflexions d’Utopia traduisent de prime abord une posture d’opposition active au modèle socio-économique actuel, le capitalisme, et cherchent à ébranler ses trois aliénations fondamentales&amp;nbsp;: &quot;la religion de la croissance&quot;, la consommation en tant que &quot;nouvel opium du peuple&quot; et enfin la &quot;valeur-travail&quot; dont la place doit être modifiée totalement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette volonté de mettre à mal les fondements du capitalisme totalitaire (au sens d’une domination sur l’ensemble des champs de l’activité humaine) prend appui sur un triple constat. Primo, à moins d’être fou à lier ou un économiste1, il est impossible d’admettre que le capitalisme productiviste et consumériste puisse continuer sa fuite en avant plus longtemps, sans son cortège de crises écologiques, sociales et politiques (oil wars, réfugiés climatiques, instauration de régimes peu enclins à protéger les libertés fondamentales…). En second lieu, les auteurs soutiennent que le système actuel n’est pas soutenable non plus au niveau éthico-politique&amp;nbsp;: le déficit de sens, les valeurs véhiculées ne peuvent permettre l’épanouissement de tout citoyen, ni sa pleine autonomie, au sens castoriadien du terme, ni son plein accomplissement dans la chose publique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin, les auteurs de cet opuscule mobilisent un nombre conséquent de ressources venant étayer leur propos. Nous ne sommes pas face à une dénonciation superficielle des dysfonctionnements du capitalisme mais bien à étude très documentée. En effet, le Manifeste s’appuie sur des travaux scientifiques rigoureux et reconnus (ceux de Dominique Méda, André Gorz par exemple) ainsi que sur des études bien plus &quot;institutionnelles&quot; telles que celles des diverses instances onusiennes (BIT, FAO…). A cette masse documentaire, s’ajoute les rapports de mouvements et d’associations divers (Sortir du Nucléaire, Confédération paysanne…) et des emprunts conceptuels majeurs – notamment ceux relatifs aux partisans de la &quot;décroissance&quot; – qui confèrent à l’approche critique d’Utopia une véritable épaisseur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cet accablant constat dressé, le Manifeste dévoile sa véritable nature&amp;nbsp;: celle de présenter des mesures permettant une &quot;véritable alternative au capitalisme&quot;2.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par delà l’utopie et le réalisme&amp;nbsp;: un manifeste politique lucide et percutant.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Disons-le tout de go, les propositions permettant une sortie du capitalisme sont d’une lucidité déconcertante. Nous sommes loin d’une triviale opposition &quot;capital-travail&quot; aisément mobilisable par certains à l’extrême gauche. Non, qu’on se méprise pas sur l’approche du collectif&amp;nbsp;: nous ne sommes pas face à des néo-marxistes orthodoxes qui ne jugeraient que par l’infrastructure. Bien au contraire, leur &quot; alterdéveloppement appelle une rupture culturelle&quot;3, qui se traduit par une primauté accordée au politique sur l’économique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le positionnement politique et idéologique (encore que ce terme renvoie à une acception trop rigide du monde des idées qui sied mal au Manifeste) n’est pas aisé à définir en un mot. Résumons-le par quatre termes&amp;nbsp;: écologique, socialiste, démocratique et altermondialiste. Tels sont les axes autour desquels se structurent les propositions d’Utopia. Force est de constater qu’elles sont ici encore finement développées&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La raison de la centralité de la question écologique peut-être appréhendée au détour d’une citation de Gorz ou de Castoriadis4&amp;nbsp;: il ne s’agit pas de prôner hypocritement de couper l’eau du robinet en se lavant les dents, ou bien cyniquement de prêcher une &quot;croissante verte&quot; illusoire. Bien au contraire, il s’agit ici d’une véritable écologie politique très proche des mouvements décroissants, ou du moins des réflexions sur l’après-développement5. Cette approche implique de facto une remise en cause socio-économique et culturelle du capitalisme, en raison des bouleversements profonds qu’elle induit. Mais pas de rupture violente&amp;nbsp;; il convient d’après les auteurs d’accompagner ces changements. Qu’il s’agisse de la division par quatre des gaz à effets de serre, de la sortie progressive du nucléaire ou de l’application stricte du principe &quot;pollueur-payeur&quot;, entre autres, toutes ces propositions sont finement développées, accompagnées de documents explicitant leur faisabilité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au niveau socio-économique, Utopia s’affirme comme un think tank d’une richesse rare. Comment ne pas reconnaître la nécessité d’ &quot;élargir les droits fondamentaux&quot;&amp;nbsp;? La création d’un &quot;revenu universel d’existence&quot;, la gratuité des transports en commun ou encore l’accès aux soins sont autant de points polémiques abordés avec sérénité grâce à des suggestions de financement précises. Les questions de la relocalisation de l’économie, du soutien au mouvement coopératif pour aboutir à l’autogestion sont bien évidemment traitées et soulignent le refus du salariat comme horizon indépassable. Surtout, toutes les mesures proposées sont liées autre elles par ce fil d’Ariane radical&amp;nbsp;: sortir du capitalisme par des bouleversements à tous les niveaux de la société, sans brutalité, grâce à une transformation des représentations des individus, pure produit du système et de ses trois aliénations.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout au long de l’ouvrage les réflexions ne sont pas pensées à la seule échelle nationale. L’approche est au contraire multiscalaire et rappelle que la mondialisation doit être prise en compte. Ainsi Utopia dans son Manifeste se qualifie d’altermondialiste au sens propre du terme. Ses propositions sont très intéressantes et révèlent une réelle maturité intellectuelle&amp;nbsp;: &quot;le droit international est la seule réponse possible et durable&quot;6. Elle devra passer par une refonte des institutions internationales (ONU, OMC…), par une fiscalité internationale et surtout par la construction d’une réelle Europe politique et sociale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour terminer la présentation critique des réflexions présentes dans cet ouvrage, on ne peut faire l’économie des questions démocratiques et culturelles, véritables singularités quand on sait le peu de cas que font les mouvements politiques radicaux de ces questions. Partisans d’un passage à la VIe République, le collectif propose la suppression du poste de président de la République, un renforcement de la décentralisation et un contrôle populaire accentué. Les propositions concernant la refonte de la démocratie sociale sont nombreuses et prennent lucidement en compte l’état actuel des rapports de force.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin, et c’est peut-être l’élément fondamental de la réflexion d’Utopia, la pédagogie politique et la culture sont en permanence sollicitées pour permettre une autre société. A-t-on affaire à des lecteurs de Gramsci&amp;nbsp;? Toujours est il que le droit à l’éducation et à la culture sont abondamment et finement développées depuis la valorisation de l’éducation populaire jusqu’à la question des droits d’auteurs. Mais plus que leurs brillantes propositions c’est davantage ce qui sous-tend leur approche qui est innovante&amp;nbsp;: rien n’est possible sans un changement des comportements qui passe par la pédagogie à tous les niveaux. En effet, le souci principal reste l’épanouissement de chacun et non de lier le destin des hommes à une idéologie avec les réussites que l’on connaît.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pas d’avant-garde ici, la modestie et la réflexivité sont de rigueur, face à des enjeux et des rapports de force très complexes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des questions laissées en suspens qui n’altèrent pas la portée d’un texte providentiel pour la gauche.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rassurons le lecteur sceptique. L’auteur de cette recension n’est affiliée à aucun mouvement politique ou syndical. Et si le ton peut paraître laudateur, c’est en raison de la surprise intellectuelle consécutive à la lecture de cet opuscule d’un mouvement réunissant à peine quelques centaines de personnes. Quelques critiques, certes rares, sont cependant à notifier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout d’abord la question de la stratégie politique et des finalités de ce texte. Pourquoi avoir choisi de présenter de telles propositions dans des &quot;machines à perdre&quot; peu enclines à soutenir des réformes radicales, que sont le PS et les Verts&amp;nbsp;? Ce choix critiquable est cependant logique&amp;nbsp;: le parti social-démocrate est, certes, un outil imparfait, mais difficilement dépassable en l’état actuel du champs politique. Surtout, Utopia fait le choix de la réforme révolutionnaire plutôt que celui de la révolution des &quot; purs&quot; de tout contact avec la souillure du pouvoir, comme la LCR/NPA, même si les affinités sont nombreuses avec ce parti.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est davantage au niveau de l’absence de certaines interrogations que la critique doit s’exercer&amp;nbsp;: quid des questions urbaines et rurales, des transports et plus généralement de l’aménagement du territoire, des blocages institutionnelles, ou des questions sociétales et éthiques (mariage gay, bioéthique)&amp;nbsp;? Qu’en est-il des questions budgétaires, des retraites&amp;nbsp;? Au niveau international, il manque des réflexions sur les nouveaux rapports de force avec les puissantes émergentes peu démocratiques (Chine, Russie…), ou encore sur le terrorisme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Qu’en est-il aussi des &quot;effets rebonds&quot; et des &quot;effets pervers&quot; éventuels des propositions&amp;nbsp;? S’ils ne sont pas explicitement développés, le collectif à conscience des blocages culturels qui sont les plus difficiles à surmonter, et on entrevoit une certaines autocritique générale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour le chroniqueur sceptique, enfin, la foi en l’homme d’Utopia frôle une certaine candeur. Mais n ‘est ce pas le propre de la via activa&amp;nbsp;? N’est-elle pas compensée par un effort porté sur l’éducation, mère de tous les changements&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour conclure cette longue recension du Manifeste Utopia, il faut reconnaître la puissance intellectuelle de ses propositions, où règne la dialectique et la réflexivité. Son écologie politique radicale est centrale et systématique. Le réalisme s’unit parfaitement à la puissance de l’imaginaire, centrale depuis le titre jusqu’à la conclusion de l’ouvrage. La force du raisonnement est de réconcilier le Mieux et le Bien, tel un réformisme révolutionnaire&amp;nbsp;: on ne détruira les trois idoles du capitalisme qu’en commençant par se réapproprier la vie et en redessinant les conditions du &quot;vivre ensemble&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais on reste sceptique quand à son impact à gauche, et surtout au PS. Il n’y a qu’à voir ce que propose l’ &quot;aile gauche&quot; du parti à la rose.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors Utopia ou barbarisme ?.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Notes&amp;nbsp;:
1 - Célèbre phrase de l’économiste Kenneth Boulding.
2 - p. 17
3 - p. 24
4 - Castoriadis&amp;nbsp;: &quot;L’écologie est subversive car elle met en question l’imaginaire capitaliste qui domine la planète&quot;. Gorz&amp;nbsp;: &quot;L’écologie politique est foncièrement anticapitaliste et subversive&quot;.
5 - Notion de Serge Latouche.
6 - p. 81&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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