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  <title>Utopia-Jeunes.fr - Tribunes</title>
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  <description>Utopia Jeunes est un groupe politique rassemblant des jeunes de gauche (Mouvement des Jeunes Socialistes,  Jeunes Verts, etc.)  autour d'un projet de société fort et mobilisateur.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 07 Jul 2010 20:03:32 +0100</pubDate>
  <copyright>Utopia Jeunes</copyright>
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    <title>Intervention de Franck Pupunat au Congrès de Reims</title>
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    <pubDate>Thu, 20 Nov 2008 22:38:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>admin -</dc:creator>
        <category>Tribunes</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://utopia-jeunes.fr/blog/public/./.Franck-Pupunat_s.jpg&quot; alt=&quot;Franck Pupunat&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Discours de Franck Pupunat - samedi 15 novembre - après midi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est avec un immense plaisir qu’au nom de la motion F, la motion du mouvement Utopia, la motion &lt;em&gt;socialiste, altermondialiste, écologiste&lt;/em&gt;, que je prends la parole devant vous aujourd’hui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je débuterai cette intervention de façon inhabituelle par une citation d’&lt;strong&gt;André Gorz&lt;/strong&gt;, le fameux philosophe avec qui on a travaillé pendant plusieurs années et il a écrit une préface dans notre livre, Le Manifeste Utopia, qu’il a publié quelques semaines avant sa mort en septembre 2007. Il disait&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;La sortie du capitalisme a déjà commencé. La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle, elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système mort-vivant qui se survit en masquant, par des subterfuges, la crise de ses catégories fondamentales&amp;nbsp;: le travail, la valeur et le capital. L’imaginaire marchand et le règne de la marchandise empêchent d’imaginer une quelconque possibilité de sortir du capitalisme et empêchent par conséquent de vouloir en sortir. Aussi longtemps que nous resterons prisonniers de l’imaginaire salarial et marchand, l’anticapitalisme et la référence à une société au-delà du capitalisme resteront abstraitement utopiques et les luttes sociales contre les politiques du capital resteront des luttes défensives qui, dans le meilleur des cas, pourront freiner un temps mais non pas empêcher la détérioration des conditions de vie. La sortie du capitalisme a déjà commencé sans être voulue encore consciemment. »&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Et il termine en disant&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;La question porte seulement sur la forme qu’elle va prendre et la cadence à laquelle elle va s’opérer.»&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Ce passage, pour nous, est un passage fondamental puisqu’il appelle à un dépassement du système. Cette critique nous amène à combattre et à dénoncer frontalement trois aliénations inhérentes au système capitaliste et dans lesquelles sont enfermés la plupart de nos dirigeants socialistes.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La première aliénation, c’est évidemment la religion de la croissance. Ce qui ne veut pas dire se positionner pour une décroissance, cela signifie simplement de dire que le PIB n’est pas la bonne boussole politique. Alors, j’ai bien lu que dans certaines motions, on parle de croissance verte, de croissance douce ou de croissance écologique, mais ne vous y fiez pas, c’est une illusion. Ce qui voudrait dire tout de même qu’une croissance infinie dans un monde fini est possible, ce qui bien évidemment n’est pas le cas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La croissance verte, qu’est-ce que concrètement&amp;nbsp;? C’est le même indicateur qui n’est pas défalqué justement de tout ce qui dégrade l’empreinte écologique, c’est simplement le droit de pouvoir polluer plus longtemps.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors, être écologiste, ce n’est pas simplement, comme certains ont pu le faire, une addition de mesures les une à côté des autres, c’est bien évidemment une remise en cause globale du système et de ses aliénations dont la croissance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deuxième aliénation, après la croissance, c’est la société de consommation à travers cette course effrénée au toujours plus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Troisième aliénation, c’est sur la centralité de la valeur travail. Bien évidemment, sur cette question, nous sommes pour que chacun puisse avoir accès au plein emploi. Bien évidemment, sur cette question, nous sommes également pour de nouveaux droits pour les salariés. En même temps, pourquoi ne pas se poser la question de la valeur travail comme seul mode de reconnaissance&amp;nbsp;? Pourquoi ne pas se poser la question de la valeur travail comme seul passeport d’accès aux droits&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme beaucoup d’entre vous, je travaille dans une entreprise privée, j’ai accès à trois niveaux de mutuelle. Eh bien, figurez-vous que le premier niveau de mutuelle ne rembourse quasiment rien au niveau des soins dentaires, des soins d’optique. Est-ce que c’est normal&amp;nbsp;? Il faut au contraire dire, que l’on soit travailleur, cadre, salarié, non-travailleur, nous devons tous avoir accès aux soins de la même manière et qu’ils soient remboursés de la même façon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors, il ne suffit pas de dénoncer, il ne suffit pas de déconstruire, il faut aussi proposer, je crois que c’est là toute la démarche d’Utopia, c’est d’essayer d’imaginer une société idéale, c’est d’imaginer du sens, une société du souffle et ce projet de société, nous avons essayé de l’esquisser dans notre motion. Notre idéal de société, c’est d’abord une société fraternelle. Notre idéal de société, c’est d’abord une société du lien plus qu’une société du bien. Notre idéal de société, c’est une société où l’environnement est préservé, bref une société où il fait bon vivre ensemble. Et, au service de cet idéal, il faut de nouveaux indicateurs de richesse. Au service de cet idéal, il faut amener un nouveau système que nous appelons alter développement, qui fixe bien évidemment des limites à la sphère privée, qui ouvre des perspectives à la sphère publique et qui propose de nouvelles formes de propriété de l’entreprise plus transparentes, plus relocalisées et plus démocratiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vous l’avez compris, nous ne voulons pas améliorer ce monde, nous voulons un autre monde. Alors, nous sommes profondément altermondialistes et, sur ce deuxième point de mon intervention, je reviens sur une question qui me semble essentielle, la question des sans papiers. Vous savez, ce soir va se tenir la commission des résolutions. À quoi peut servir un congrès comme celui-ci par rapport à la commission des résolutions et au texte final qui pourrait sortir de ce congrès&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Eh bien moi je souhaite que l’on donne un élan sur cette question des sans papiers et un signal fort à cette commission des résolutions. J’ai remarqué que nous étions tous d’accord sur cette question pour dénoncer ce que faisait Nicolas Sarkozy. Je vais vous dire plus&amp;nbsp;: on a honte de la manière dont Nicolas Sarkozy criminalise les sans papiers, de la manière dont il organise un certain nombre de rafles au quotidien, de la manière dont les centres de rétention aujourd’hui fonctionnent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Néanmoins, dans les textes, mes camarades, nous n’avions pas tous la même position. En général, c’était une régularisation sur critères. En général, d’ailleurs, sur critères pour les seuls travailleurs. Mais cette position-là n’est pas tenable, cela voudrait dire qu’on régularise les personnes qui ont dit qu’elles étaient en situation régulière pour travailler alors qu’elles ne l’étaient pas, qu’on ne régularise pas tous les autres travailleurs et qu’on ne régularise pas tous les autres&amp;nbsp;? Il faut affirmer fièrement le fait que nous devons régulariser l’ensemble des sans papiers, qu’ils soient travailleurs ou non travailleurs. Et nous avons, sur cette question, bien évidemment une responsabilité sur ces flux migratoires. Responsabilité historique, mais aujourd’hui responsabilité indirecte. On continue d’affamer, de précariser, de subordonner une partie de l’humanité. Nous devons dire&amp;nbsp;: alors, quel est le problème entre nous sur cette question&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On nous dit&amp;nbsp;: dilution de l’identité nationale. Mais c’est l’inverse, c’est la clandestinité qui produit la dilution de l’identité nationale. Bien au contraire la régularisation permet la co-construction d’une identité commune.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On nous dit&amp;nbsp;: flux massifs. Non. En Espagne, en 2005, 590 000 régularisations, est-ce que pour autant il y a eu un appel d’air des sans papiers de France vers l’Espagne&amp;nbsp;? Absolument pas. Et si l’Espagne a réussi à le faire avec 40 millions d’habitants, 590 000 sans papier, la France avec 63 millions d’habitants et 300 000 sans papiers devrait aussi le faire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur cette question-là, et j’ai bien saisi le message, nous devons effectivement prendre une position courageuse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’en termine pour vous annoncer ce que nous faisons dans ce congrès&amp;nbsp;: nous avons décidé de nous joindre à la motion C, la motion portée par Benoît Hamon. Avoir un monde d’avance, c’est aussi revendiquer un positionnement écologiste et altermondialiste.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Trente secondes sur cette question, mais il s’agit d’un rapprochement de fond sur le dépassement du système capitalisme, sur de nouveaux indicateurs de richesse, sur la dimension écologique et notamment le scénario mégawatt et la mise en place d’un grand débat sur les risques du nucléaire, sur l’accès aux droits et notamment l’accès aux soins, et enfin sur la régularisation de l’ensemble des sans papiers. Ce qui, je crois, peut être une mesure unanime.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin, je le dis comme je le pense, je suis plutôt fier de ce rapprochement, j’en suis même carrément fier. Je suis fier que nous portions aujourd’hui ensemble toutes ces idées. Nous partageons évidemment une certaine radicalité mais, plus que cela, nous partageons une énergie, nous partageons un enthousiasme, nous partageons une infatigable envie de changer radicalement ce monde. Et c’est la seule question qui vaille quand on fait de la politique, c’est la seule question qui nous pousse à en faire, quels sont les brins d’humanité que collectivement nous pouvons faire avancer&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est la seule question, encore une fois, que nous devons nous poser. Le reste n’est que mesquinerie et futilité, la motion C-F, comme carrément fraternelle, doit porter haut cet espoir et cette exigence d’humanité, je compte sur vous pour nous y aider. Je vous remercie.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Intervention de Franck Pupunat au Conseil National du PS du 02 juillet 2008</title>
    <link>http://utopia-jeunes.fr/blog/index.php/post/2008/07/02/Intervention-de-Franck-Pupunat-au-Conseil-National-du-PS-du-02-juillet-2008</link>
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    <pubDate>Wed, 02 Jul 2008 11:49:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>admin -</dc:creator>
        <category>Tribunes</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://utopia-jeunes.fr/blog/public/./.Franck-Pupunat_s.jpg&quot; alt=&quot;Franck Pupunat&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Temps fort du Congrès du Parti Socialiste, le Conseil National de dépôt des Contributions Générales est l'occasion pour toutes les sensibilités de s'exprimer. Parmi une vingtaine d'interventions, Franck Pupunat, porte-parole du Mouvement Utopia, a dénoncé le fait que le PS ait «&amp;nbsp;renoncé depuis longtemps à changer en profondeur la société&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;se contente aujourd’hui de proposer des mesures à la marge, des mesures qui rafistolent, sans remettre en cause le système qui crée les injustices ».&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mes ami(e)s, mes camarades,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’ai le plaisir de vous annoncer qu’UTOPIA dépose une Contribution Générale dans le cadre du congrès de Reims.
Elle sera signée par plus de 300 militants issus de 70 fédérations.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je vais même vous dire ce que l’on fera lors de la 2e phase&amp;nbsp;: cette contribution se transformera en motion.
Les choses sont dites, elles sont transparentes&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le titre de notre belle contribution&amp;nbsp;: Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec un titre pareil, «&amp;nbsp;Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes », la question qui nous est posée très souvent en ce moment par la presse ou par nos amis alters ou écolos est la suivante&amp;nbsp;: Pourquoi restez-vous au PS&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Pourquoi restez-vous au PS alors que ce parti a renoncé depuis longtemps à changer en profondeur la société.&amp;nbsp;?
Puisque ce parti se contente aujourd’hui de proposer des mesures à la marge, des mesures qui rafistolent, sans remettre en cause le système qui crée les injustices&amp;nbsp;?
Puisque ce parti apparaît totalement utopiste et inconséquent en prônant dangereusement d’un côté une croissance forte et de l’autre une ambition dite «&amp;nbsp;écologiste ».
Puisque ce parti entretient un rapport malsain au pouvoir en acceptant lâchement que certains cumulent des fonctions exécutives et une fonction de parlementaire alors qu’ils défendent l’inverse dans leurs textes&amp;nbsp;?
Puisque ce parti ne devient qu’une machine à sélectionner des Présidentiables qui en sont arrivés au point de mettre en scène des débats soit disant «&amp;nbsp;de fond&amp;nbsp;»  pour légitimer leur compétition&amp;nbsp;?
Puisque ce parti en un mot a renoncé à son idéal…&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors bonne question&amp;nbsp;:
Pourquoi rester au Parti Socialiste&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et bien pour résister mes camarades, pour résister.
Pour, avec d’autres, organiser une résistance face à tous ceux qui ont trahi leur devoir de n’avoir qu’une et une seule ambition&amp;nbsp;: celle de changer le monde.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Parce que nous croyons toujours, et même plus que jamais, que le Socialisme est une grande idée, pourvu qu'on ne la vide pas de son sens,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Parce que nous sommes convaincus que l'immense majorité des adhérents anonymes de notre parti partagent notre soif de proposer un autre avenir à l'humanité,&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous n’en pouvons plus de subir et d’aller de renoncements en renoncements.
Rien ne serait pire que de se résigner, nous devons résister.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette résistance, elle doit s’organiser autour d’un ennemi commun&amp;nbsp;: le système capitaliste.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour faire bonne figure,  certains dénoncent le capitalisme financier, libéral, néo-libéral…et appellent un retour à un capitalisme à visage humain, régulé, plus entrepreneurial…j’ai même entendu «&amp;nbsp;social ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est bien là le piège du capitalisme&amp;nbsp;: se faire passer pour un outil technique de régulation des échanges qui n’agirait que dans la sphère économique, et dont il suffirait d’ajuster un peu le curseur pour le rendre plus humain…
Il suffirait de raccourcir les rênes pour dompter l’animal.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais non seulement l’animal est indomptable mais c’est lui qui tient les rênes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le capitalisme est un système global, un système politique, un système social, un système économique qui régit la quasi-totalité des différentes sphères de la vie des individus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La 1ère bataille à mener est donc une bataille culturelle&amp;nbsp;:
Cette bataille doit nous amener à mettre en lumière une différenciation fondamentale entre, d’un côté le capitalisme comme système global qui gouverne l’ensemble de la société, et de l’autre la sphère marchande qui sert à réguler une partie de la production.
L’un n’implique pas forcément l’autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le capitalisme comme système est selon nous incompatible avec le socialisme pour 2 raisons essentielles&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Première raison&amp;nbsp;: le capitalisme n’a qu’un objectif, la rentabilité du capital investi
L’ensemble des facteurs de production (humains, matériels) ne sont organisés qu’en fonction de cet objectif unique. La quasi-totalité des politiques de développement durable ou pratiques dites éthiques relèvent au mieux de la bonne conscience, au pire d’une stratégie marketing de différenciation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deuxième raison&amp;nbsp;: le capitalisme est englobant et englobant par nature pour l’individu et pour la société.
En transformant les besoins en désirs, en érigeant la valeur travail et le mérite comme des valeurs essentielles, en posant l’échelle économique et sociale comme la hiérarchie naturelle des rapports humains, il emprisonne l’homme, il emprisonne son rapport au monde, il emprisonne son imaginaire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le système capitaliste qui se fait passer comme une technique est en réalité un système dangereux et totalitaire.
Ce totalitarisme se traduit par 3 aliénations fondamentales&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;L’aliénation à la religion de la croissance (ce qui, au passage, ne signifie pas un positionnement en faveur de la décroissance )&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L’aliénation à la société de consommation qui veut nous faire croire qu’il faut consommer pour se sentir exister&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L’aliénation à la centralité de la valeur travail qui nous empêche d’imaginer un nouveau rapport aux droits&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

&lt;p&gt;Mais il ne suffit pas de dénoncer, de déconstruire, il faut aussi proposer.
Il faut imaginer un nouvel idéal, un nouveau système, de nouveaux modes de régulation, de nouveaux indicateurs de richesses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette nouvelle perspective, ce nouveau souffle, nous avons essayé d’en brosser les principales esquisses… à travers notre contribution Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous irons plus loin encore dans la motion prochaine et nous appelons dès maintenant tous ceux qui veulent résister et construire à nous rejoindre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette résistance, cette reconstruction, à laquelle nous appelons au sein du PS, eh bien nous allons la porter partout où nous sommes présents.
Au sein du Parti des Verts en posant une motion lors de leur prochain congrès, au Forum Social Européen ou en Amérique Latine où nous sommes de plus en plus actif, à travers notre cycle mensuel de conférences, à travers notre partenariat avec les cinémas UTOPIA, à travers une collection que nous lançons avec l’Editeur l’Esprit Frappeur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bref, partout où nous pouvons, partout où nous sommes, partout où il nous restera du souffle, nous porterons avec d’autres, notre projet politique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je vous remercie.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Jean Gadrey : Boycott de la commission Stiglitz !</title>
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    <pubDate>Sun, 27 Jan 2008 20:02:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>admin -</dc:creator>
        <category>Tribunes</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Gadrey, Professeur d'économie à l'Université de Lille, auteur avec Florence Jany-Catrice de &lt;ins&gt;Les nouveaux indicateurs de richesse&lt;/ins&gt; réagit lui aussi à l'annonce faite par le Président de la République Nicolas Sarkozy de mener «&amp;nbsp;une réflexion&amp;nbsp;» sous l’égide de deux prix Nobel d’économie, Amartya Sen et  Joseph Stiglitz  &lt;em&gt;«&amp;nbsp;pour changer l’instrument de mesure de la croissance »&lt;/em&gt;.&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&quot; &lt;strong&gt;Nicolas Sarkozy&lt;/strong&gt; vient de confier à &lt;strong&gt;Joseph Stiglitz&lt;/strong&gt;, prix Nobel d’économie, la présidence d’un groupe d’experts «&amp;nbsp;de haut niveau&amp;nbsp;» dont la mission est de «&amp;nbsp;changer notre instrument de mesure de la croissance ». La plupart des commentateurs ont interprété à juste titre cette décision surprenante comme un rideau de fumée destiné à masquer l’échec évident d’un Président qui voulait aller «&amp;nbsp;chercher la croissance avec les dents », qui avait mis en place la commission Attali à cet effet, et qui réalise qu’il ne parviendra pas à tenir ses objectifs. Il espère, en changeant de thermomètre, calmer la fièvre et faire oublier sa déconvenue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il reste que nous avons réellement besoin, sans pour autant nous passer de l’omniprésent PIB (produit intérieur brut) et de sa croissance, d’indicateurs alternatifs qui rendent mieux compte du bien -être et du développement humain durable. Les raisons en sont multiples, mais elles se résument ainsi&amp;nbsp;: la croissance économique ne s’accompagne pas toujours de progrès social, et, dans sa forme actuelle, elle aggrave les dommages écologiques, dont le réchauffement climatique. D’autres indicateurs – il en existe déjà beaucoup – peuvent donner une idée plus juste des évolutions du bien -être, de la santé sociale et écologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Faut-il pour autant se féliciter de cette initiative du Président&amp;nbsp;? En aucun cas. C’est une insulte à la démocratie statistique et à la démocratie tout court. En effet, dès lors qu’il s’agit d’évaluer la qualité et la durabilité du développement, des jugements de valeur interviennent et des acteurs sociaux multiples doivent être partie prenante du processus de mise au point des indicateurs. Il s’agit bel et bien de choix de «&amp;nbsp;civilisation », pour reprendre un terme lui aussi découvert récemment par le Président. Une politique de civilisation sans ses acteurs, confiée à une poignée d’experts économistes et statisticiens nommés d’en haut, est une aberration. Le «&amp;nbsp;Grenelle de l’environnement&amp;nbsp;» a produit peu d’effets, mais il avait au moins cette caractéristique de débat ouvert.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Commission européenne et l’OCDE, qui ne sont pas des modèles de démocratie, ont bien compris ce b-a-ba des processus de réorientation de la mesure de la richesse. La première a organisé en novembre dernier à Bruxelles une conférence internationale de grande ampleur «&amp;nbsp;Au-delà du PIB&amp;nbsp;» ouverte à tous les acteurs de la société civile, en allant même jusqu’à la co-organiser avec des ONG&amp;nbsp;! L’OCDE avait réuni peu avant à Istanbul 900 personnes venues du m onde entier, experts et non experts, pour débattre du même thème.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une commission de l’Assemblée nationale, présidée par &lt;strong&gt;Pierre-Alain Muet&lt;/strong&gt; et dont le rapporteur est &lt;strong&gt;Hervé Mariton&lt;/strong&gt;, travaille depuis plusieurs semaines sur le sujet et réalise des auditions. On lui coupe l’herbe sous le pied. Et surtout, nous avons la chance de pouvoir compter, en France, sur une institution précieuse dont la mission est exactement celle -là&amp;nbsp;: proposer des évolutions et améliorations constantes des statistiques publiques en faisant travailler, ensemble, des statisticiens, des chercheurs, et des représentants des «&amp;nbsp;partenaires sociaux&amp;nbsp;» et des associations, afin que la demande des utilisateurs de statistiques et l’offre correspondante s’ajustent au mieux. Il s’agit du CNIS, conseil national de l’information statistique, présidé par… le ou la Ministre de l’économie, mis à l’écart par cette initiative présidentielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les travaux de la commission &lt;strong&gt;Stiglitz&lt;/strong&gt; ne s’inscrivent pas dans le cadre du CNIS et de ses règles participatives, si le lien n’est pas fait avec la mission de l’Assemblée nationale, si la société civile n’est pas fortement représentée, les experts que l’on contactera pour en faire partie, s’ils attachent un peu de prix à la démocratie, devraient adopter, même s’ils apprécient les travaux et la personnalité de Joseph Stiglitz, une position logique&amp;nbsp;: le boycott. &quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Jean Gadrey&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Source&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://france.attac.org/spip.php?article8102&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;www.attac.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le Socialisme : une idée à repenser ou à dépasser ? par Bertrand Mertz</title>
    <link>http://utopia-jeunes.fr/blog/index.php/post/2007/11/18/Le-Socialisme-%3A-une-idee-a-repenser-ou-a-depasser</link>
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    <pubDate>Sun, 18 Nov 2007 09:23:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>admin -</dc:creator>
        <category>Tribunes</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://utopia-jeunes.fr/blog/public/./.Bertrand-Mertz2_s.jpg&quot; alt=&quot;Bertrand Mertz&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;Bertrand Mertz, Membre du Conseil National du Parti Socialiste, a envoyé à Utopia Jeunes une contribution dans laquelle il fait le constat de l'échec du socialisme sous toutes ces formes et avec lui, de la social-démocratie. Désireux de contribuer de manière active au processus de rénovation de l'idéal socialiste, il appelle de ses voeux à un &quot;combat frontal avec le productivisme consumériste&quot;. Nous publions ainsi sur notre blog cette contribution, dont le contenu laisse entrevoir de nets points de convergence avec les positions défendues par l'association Utopia.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rénovation, refondation, clarification, remise à plat… les socialistes ne manquent pas d’imagination pour désigner le processus qu’ils appellent de leurs vœux. En revanche, lorsqu’il s’agit de donner du contenu à ce processus, ils ont la fâcheuse tendance à en rester aux incantations et aux déclarations de bonnes intentions. Pourtant, cette fois-ci, il ne leur sera plus possible de faire l’économie d’une réflexion qui passera nécessairement par un retour aux fondamentaux politiques et même philosophiques du Socialisme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Depuis le tournant de 1983, les socialistes n’ont en effet jamais osé s’interroger sur le sens et la portée historique de leur engagement. Dès 1981, le Parti socialiste a été pris, tous courants confondus, par des hommes et des femmes issus de la haute fonction publique d’Etat qui ont appliqué en politique ce qu’ils avaient appris à l’ENA, avec pour résultat une conception de plus en plus gestionnaire de l’action publique. Et c’est l’une des explications du succès de Nicolas Sarkozy que d’avoir donné le sentiment aux Français de vouloir rompre dans la pratique avec cette conception-là.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La défaite du Socialisme est avérée&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Mais, plus fondamentalement, l’échec du printemps 2007 s’inscrit dans une perspective historique de fond&amp;nbsp;: celle de la défaite du Socialisme. Pour comprendre ce qui s’est joué, il faut en revenir aux origines géographique et historique du Socialisme. Celui-ci est né à l’ouest du continent européen au 19e siècle. Il est le résultat du développement industriel en Allemagne, en France, en Angleterre et de la montée en puissance d’une classe nouvelle, le prolétariat, à laquelle quelques intellectuels (&lt;strong&gt;Marx, Engels&lt;/strong&gt;…) vont donner un rôle quasi messianique. Reprenant à son compte les idéaux humanistes des Révolutions bourgeoises, le Socialisme va tendre à l’Universalisme. Il nous faut bien admettre aujourd’hui qu’il n’était pourtant qu’une idéologie profondément européenne qui n’a jamais vraiment réussi à prendre pied en Amérique du nord et qui, sur les autres continents, a été interprétée selon les codes culturels et politiques des pays où elle s’est implantée. Par ailleurs, dès le début du 20e siècle, mais surtout dans sa deuxième moitié, le Socialisme a été «concurrencé&amp;nbsp;» par une autre idéologie (non explicitée) produite directement par le Capitalisme&amp;nbsp;: celle de la société de consommation (étudiée par &lt;strong&gt;Baudrillard&lt;/strong&gt;) et du spectacle (analysée par &lt;strong&gt;Debord&lt;/strong&gt;). C’est le mode de vie que le Capitalisme semblait  offrir réellement aux populations des pays développés qui a été préféré par les populations des pays pauvres plutôt que la promesse d’un mode de vie hypothétique que laissait espérer le Socialisme et que les pays dits du Socialisme «&amp;nbsp;réel&amp;nbsp;» se sont évertués à démentir. Quant aux populations pauvres des pays riches, elles aussi aspirent à changer de place dans la société mais pas à changer de société. Comment expliquer différemment ce qui se passe en Chine, par exemple, ou encore les difficultés des partis socialistes en Europe ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il nous faut donc admettre cette première vérité si difficile à regarder en face&amp;nbsp;: le Socialisme, sous toutes ses formes, a été historiquement vaincu. Même la social-démocratie, ultime avatar du Socialisme, est caduque. Elle reposait sur un compromis historique intervenu à l’issue de la deuxième Guerre Mondiale entre le Capital et le Travail (pour reprendre la terminologie socialiste de l’époque) rendu nécessaire par l’existence, à l’est de l’Europe, d’une puissance dite du  Socialisme «&amp;nbsp;réel ». La social-démocratie a donc été, sans doute malgré elle, le moyen politique de construire une vitrine sociale du Capitalisme destinée à détourner les populations salariées d’Europe occidentale de la voie du Socialisme «&amp;nbsp;réel&amp;nbsp;» dont les partis communistes étaient alors les avant-gardes. La social-démocratie a donc été avant tout une «&amp;nbsp;arme&amp;nbsp;» contre le  Socialisme «&amp;nbsp;réel », un moyen de s’en prémunir. La disparition de l’Union Soviétique l’a privée de sa véritable raison d’être. Si on ajoute à cela que la mondialisation du Capitalisme rend très difficilement tenable le compromis historique entre Capital et Travail du fait de la concurrence des pays émergents (souvent revenus du Socialisme réel), on se demande s’il existe encore un espace pour la social-démocratie ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;L’idéal socialiste est donc à reconstruire sur des bases nouvelles&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Est-ce à dire que les idéaux dont le Socialisme était pendant un temps le dépositaire sont morts avec lui&amp;nbsp;?  Certainement pas&amp;nbsp;! L’aspiration à la justice sociale, à l’égalité, à la désaliénation reste chevillée à l’âme humaine, même si elle semble aujourd’hui connaître une éclipse. Cette aspiration n’est d’ailleurs pas apparue avec le Socialisme&amp;nbsp;; elle existait déjà dans l’Humanisme des Lumières, et même dans le Christianisme. Elle parcourt l’Histoire des hommes de la Grèce antique à la Renaissance italienne et française, de la Révolution américaine à la Révolution russe en passant bien évidemment par la Révolution française. Mais à chaque fois elle s’est perdue dans les méandres des compromis nécessaires et elle a fini par se soumettre, momentanément, aux exigences de la «&amp;nbsp;real politik ». C’est que cette aspiration ne peut se suffire à elle-même pour exister et se concrétiser. Elle a toujours besoin d’un socle sur lequel elle repose&amp;nbsp;: Dieu dans le Christianisme, la Nature dans l’Humanisme, le mouvement historique dans le Socialisme. C’est tout le sens de l’œuvre de &lt;strong&gt;Marx&lt;/strong&gt; et d’&lt;strong&gt;Engels&lt;/strong&gt; que d’avoir donné à cette aspiration un contenu historique et prétendument scientifique. Pour eux, le Socialisme puis le Communisme sont &lt;em&gt;«&amp;nbsp;le mouvement réel qui abolit l’état actuel… »&lt;/em&gt; (cf. &lt;ins&gt;L’idéologie allemande&lt;/ins&gt;) et il est le produit de la lutte des classes. Il devait aboutir nécessairement à la réalisation de cette aspiration humaine à la justice sociale, à l’égalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et c’est là la deuxième réalité qu’il nous faut oser regarder en face&amp;nbsp;: ce mouvement de l’Histoire n’existe pas. L’Histoire est aléatoire et son évolution peut très bien aller à l’envers de cette aspiration. Le Socialisme était donc une idéologie, un système, une doctrine… mais certainement pas un mouvement historique inéluctable porté par une classe chargée d’émanciper tout le genre humain&amp;nbsp;; et cette idéologie, ce système, cette doctrine ne reposent plus sur rien. Il faut donc commencer par rechercher quel peut bien être le nouveau socle, pour le 21e siècle, de cette aspiration humaine toujours renouvelée dans sa forme mais permanente dans son obstination à vouloir contrarier les forces de la domination, de l’aliénation et de l’exploitation de l’homme par l’homme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
S’il n’existe pas de mouvement «&amp;nbsp;naturel&amp;nbsp;» de l’Histoire en faveur d’une évolution socialiste des sociétés développées, il existe en revanche une responsabilité des sociétés les plus avancées à l’égard du patrimoine commun de toute l’Humanité&amp;nbsp;: la Terre. Et les activités humaines, particulièrement les activités industrielles, sont en train d’altérer, peut-être de façon irréversible, ce patrimoine commun sans lequel plus aucune aspiration à quelque but supérieur que ce soit ne sera possible. Dès lors, le seul fondement possible de toute action politique visant à l’émancipation humaine de toutes les forces d’oppression, d’exploitation et d’aliénation ne peut être que la préservation de notre seule vraie richesse&amp;nbsp;: la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les questions cruciales posées par les crises énergétique, environnementale et climatique, qui en fait n’en font qu’une, sont dans toutes les têtes. Mais personne ne semble avoir trouvé la manière adéquate de les aborder et surtout aucune solution à la hauteur des enjeux n’apparaît à la portée de nos sociétés paradoxalement conscientes de la gravité de la question mais incapables d’y répondre efficacement. La situation environnementale, encore plus grave que les médias veulent bien le dire, impose des choix de société fondamentaux qui sont tout à la fois le plus important enjeu politique du siècle qui vient et le cadre contraignant du nouveau projet de société à inventer. C’est notre contrat social lui-même qui doit être repensé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Et le contrat social est à refonder une fois encore&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A intervalles réguliers, la société française a d’ailleurs été obligée de refonder son contrat social. Ce fut le cas en 1936, lorsque le développement des forces productives fut suffisamment avancé pour permettre de réorganiser le mode de vie des ouvriers, leur permettant enfin de disposer d’un peu de temps pour autre chose que le travail. Ce mouvement historique n'a cessé de se poursuivre depuis, autorisant une diminution progressive mais constante du temps de travail, celle-ci induisant une amélioration du mode de vie. Les grandes étapes de cette évolution, après 1936, ont été franchies au prix de luttes sociales et politiques en 1946, 1968, 1981. La réforme des 35 heures, entre 1997 et 2002, s'inscrit dans cette même continuité. Lorsque l'on travaillait, en une vie, 120 000 heures en 1936, on en travaille encore 67 000 aujourd'hui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant ce formidable progrès humain, qui en libérant le temps aurait dû aussi permettre la libération de l’esprit, n'a pas été exploitée dans toutes ses dimensions possibles. Il a essentiellement permis la mise en place d'une société de consommation, de loisir, du spectacle. Il n’a cependant pas permis de rompre avec le productivisme, dont le consumérisme n'est que l'autre face. La crise économique, sociale, mais aussi morale, que traverse notre société peut aussi être comprise comme la conséquence de notre incapacité collective à faire évoluer notre contrat social dans le sens d’un progrès humain véritable. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Augmenter notre capacité de production, tout en diminuant la durée du temps de travail nécessaire à cette production, ne doit pas avoir obligatoirement pour corollaire la recherche sans fin d'une augmentation de notre consommation de biens et services marchands. Une autre perspective est possible&amp;nbsp;: l'éducation, la santé, la culture – si elles étaient conçues comme des valeurs non marchandes – pourraient devenir l'armature d'un nouveau modèle social, lequel imposerait au mode de production capitaliste une réorganisation spatiale et temporelle de notre société. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il revient à la classe moyenne, majoritaire en nombre et dont le poids et le rôle économique sont déterminants, de s'approprier ce projet historique de nature à réduire la  fracture  qui existe dans notre société entre cette classe et les catégories sociales en difficulté. Il ne s'agit plus de trouver un simple compromis, mais véritablement de résoudre la contradiction.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Refonder notre contrat social pour réorganiser notre mode de vie, telle peut être  la  mission historique  de la classe moyenne des pays développés. A défaut, privée d’un projet de nature à la structurer socialement et politiquement, c'est-à-dire susceptible de la doter d’une conscience, elle se délitera comme l’ancienne classe ouvrière dont elle est issue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un tel projet de société, dépassant ce qu’était le Socialisme, doit non seulement accompagner mais surtout anticiper les évolutions en cours. La crise énergétique qui s’annonce (dans moins d'un demi-siècle, les ressources en énergies fossiles seront épuisées, mettant un terme à une économie largement basée sur leur exploitation et leur consommation), les bouleversements climatiques en rapport avec le réchauffement provoqué par la combustion des énergies fossiles, tout cela nous oblige à réinventer un mode de vie différent, plus économe des richesses de la Terre mais aussi plus riches des potentialités du développement humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le nécessaire rééquilibrage dans la répartition de la richesse créée, entre le travail et le capital, ne doit pas – pour les classes moyennes – avoir pour effet mécanique une augmentation quantitative de la consommation de biens et services marchands, mais plutôt une amélioration qualitative du mode de vie. C'est dire qu'il va nous falloir entrer dans un combat frontal avec le productivisme consumériste. L'idéologie de la consommation, portée à son paroxysme par l'appareil spectaculaire d'influence dont la publicité est la forme la plus aboutie, doit être combattue sans faiblesse. L'idolâtrie de la marchandise, la hiérarchie des valeurs marchandes et l'ensemble des représentations sociales portées par une «&amp;nbsp;culture&amp;nbsp;» purement audio-visuelle, doivent être conçues comme nos véritables adversaires idéologiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De multiples aspirations à vivre autrement existent et grandissent dans notre société et se manifestent à diverses occasions et notamment chaque fois que l’enjeu est clairement défini par le débat. Elles sont le ferment à partir duquel quelque chose de neuf peut naître.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les socialistes sont capables de s’engager dans une telle voie, alors ils résoudront à la fois leur propre crise et celle de notre monde. Car, comme le disait &lt;strong&gt;Antonio Gramsci&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;«&amp;nbsp;la crise consiste justement dans le fait que le vieux meurt et que le neuf ne peut pas naître »&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Bertrand Mertz&lt;/strong&gt;,&lt;br /&gt;
Membre du Conseil national du PS&lt;br /&gt;
Vice-président du Conseil régional de Lorraine &lt;br /&gt;
Conseiller municipal de Thionville.&lt;br /&gt;
Blog&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://bertrand-mertz.parti-socialiste.fr/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://bertrand-mertz.parti-socialiste.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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